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Peu d'endroits sont aussi riches que l'Alaska, mais rares sont ceux qui sont aussi fragiles, aussi sensibles aux influences extérieures, et c'est là l'épée de Damoclès suspendue au dessus de ce paradis car l'Alaska repose sur d'énormes gisements de pétrole. Le froid qui donne à la fois la vie et en impose aussi ses limites à pendant longtemps contrarié la production de pétrole en Alaska, mais de nouvelles technologies alliées à une demande croissante font envisager l'extraction du brut qui repose sous la toundra. Aujourd'hui un énorme oléoduc transportant une moyenne de 250 millions de litres de brut par jour traverse l'Alaska depuis Prudhoe Bay dans l'océan glacial arctique jusqu'à Valdez dans l'océan Pacifique. Et ce n'est là que les prémices d'une grande menace car d'autres plans prévoient de forer des puits dans des lieux tels que le refuge national de la faune et de la flore arctique. Des projets d'exploitation de toutes les réserves de pétrole en Alaska sont actuellement à l'étude bien que de récents évènements aient démontré le danger que représente le pétrole dans un endroit aussi fragile.
Quand le 4 mars 1989, le pétrolier EXXON VALDEZ a déversé accidentellement 36 000 tonnes de brut dans les fjords de l'Alaska, on savait peu de choses sur la richesse et la fragilité de cet écosystème. Cette marée noire n'était que la 14 ème du monde au niveau de son importance, mais parce qu'elle s'est produite ici, ce fut l'une des plus désastreuses de l'histoire. 2 100 kms de côtes ont été polluées provoquant la mort de 5000 otaries de mer, 250 000 oiseaux côtiers, des baleines , des phoques et des saumons. Une partie du pétrole s'est déposé sur les fonds tuant le plancton, les algues et les invertébrés marins. Aujourd'hui encore la faune et la flore sauvage d'Alaska n'ont pas récupéré de cette catastrophe. 11 000 personnes ont lutté pendant 2 ans contre cette marée noire pour un coût global de 2 milliards d'euros. Mais l'écosystème a été endommagé et continue encore à se détériorer.
Des études entreprises permettent de comprendre la complexité du système biologique en Alaska. Chaque animal y tient son rôle et son existence influe directement sur celle de toutes les autres y compris l'homme. Mais, certains organismes parmi les plus importants demeurent inaperçus cachés dans l'océan et dans les espaces inhospitaliers de la toundra. Au milieu de la banquise, ou sous des latitudes inacessibles pendant la moitié de l'année, le pétrole est terriblement malfaisant et 75% du prétrole déversé en mer finit par se condenser et par sombrer au fonds des océans ou par arriver sur les rivages. Dans tous les cas, il détruit l'incroyable biodiversité qui se cache sous les eaux du Pacifique Nord. Lorsqu'il flotte en surface, il empêche la photosynthèse. Sans photosynthèse, le phytoplancton et les plantes aquatiques meurent et les poissons se retrouvent sans nourriture alors ils migrent ou tout simplement meurent. Aucune forme de vie n'est alors plus possible et le lit de la mer devient un désert. Tous les membres d'un écosystème, où en raison des caractéristiques du climat chaque espèce est indispensable à toutes les autres, ne peuvent plus survivre. C'est cela qui fait de l'Alaska l'un des plus extraordinaires mais aussi l'un des plus délicats paradis sur terre. Que se passera-t-il si la prochaine fuite de pétrole se produit sur la toundra en plein coeur de l'hiver lorsqu'elle est totalement inacessible ? Qu'est ce qui entretiendra la vie si les saumons ou les pâturages des caribous sont empoisonnés?
Notre consommation d'énergie est insassiable mais il convient de réaliser qu'il y a des limites à respecter car malgré les clivages politiques personne ne devrait se croire détenteur d'un héritage qui n'appartient pas seulement à l'humanité mais à toutes les espèces : LA VIE.
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